Les X-Fingers, les doigts artificiels qui redonnent mobilité fonctionnelle et préhension aux patients.
Paris, le 26 mai 2011- « Dis, grand-père, ils sont où tes doigts ? » Cette question a taraudé pendant des mois l'homme présenté dans la vidéo YouTube, qui a perdu deux doigts en utilisant une table à scier. Et pourtant, il montre bien quatre doigts tout à fait normaux. Deux de ces doigts sont les siens, mais il doit les deux autres à Dan Didrick. En effet, ces doigts sont des X-Fingers, des doigts artificiels en acier chirurgical qui offrent la même mobilité fonctionnelle et la même préhension qu'un doigt organique.
« Maintenant, mes petits-enfants sont émerveillés lorsqu'ils viennent. Ils m'ont surnommé Robo Man, » indique le grand-père tout ému. « J'ai du mal à y croire moi-même. J'ai des doigts qui remplissent leur fonction. »
Dan Didrick, de Naples en Floride, a utilisé le logiciel SolidWorks® pour concevoir ces doigts artificiels, qui sont les premières prothèses actives spécifiquement destinées aux amputés. Il a accompli cet exploit en l'espace de deux semaines, sans aucune expérience de l'ingénierie, hormis une semaine de formation via des tutoriels. En fait, il ne connaissait même pas la conception assistée par ordinateur (CAO) avant de commencer à l'utiliser. Il avait construit son premier prototype en bois de pin.
Huit ans plus tard, les quelque 80 conceptions ont abouti à X-Fingers et X-Thumbs, qui sont capables de remplacer un vrai doigt organique sans avoir recours à l'électronique. Le système de tenseurs artificiels articulé est actionné par la partie résiduelle du doigt ou du pouce amputé. Il est revêtu d'un thermoplastique qui lui donne l'apparence d'un doigt organique. Les patients peuvent saisir des pièces, boutonner leur chemise, lacer leurs chaussures, taper des lettres, porter des charges et même jouer du piano.
Ainsi que le souligne Dan Didrick, les X-Fingers n'ont rien de commun avec les appendices en latex habituels qui ont pour seule fonction de masquer le problème. Leurs caractéristiques ont contribué à la forte reconnaissance de sa société, Didrick Medical :
- Didrick Medical a reçu le prix Perfect Pitch Award pour 2009, décerné par un jury d'entrepreneurs reconnus dont Sir Richard Branson, le créateur de Virgin.
- Le X-Finger a été présenté au Palais Isimbardi, à Milan (Italie), ainsi que dans plusieurs musées, en particulier le Musée américain des brevets et des marques, le Centre des sciences de Californie à Los Angeles, le Musée des sciences et de l'industrie de Chicago, le Musée des sciences de Boston, le Vanderbilt Hall dans la gare Grand Central de New York et le National Inventors Hall of Fame.
- Le X-Finger a été finaliste à l'édition 2009 des INDEX: Awards à Copenhague, qui récompensent les « conceptions pour une meilleure vie », sous le parrainage du prince héritier du Danemark.
Selon une estimation du Bureau des statistiques professionnelles, près de 94 % des amputations non fatales concernent les doigts. 30 000 personnes environ se ruent chaque année aux urgences des hôpitaux américain pour soigner l'amputation d'un ou de plusieurs doigts, due à un claquement de porte ou à l'utilisation d'outils à moteur, selon le Centre national pour le contrôle et la prévention des blessures.
Plusieurs centaines de X-Fingers pour adultes sont maintenant utilisés. La société vient à peine d'aborder la production de masse.
Les X-Fingers se déclinent en 500 configurations différentes qui couvrent cinq épaisseurs de doigt, 16 longueurs et une myriade de blessures. Dan Didrick les réalise à la demande, en utilisant un processus d'usinage par étincelage (EDM) piloté par les fichiers SolidWorks. « Lorsqu'un patient a besoin d'un X-Finger, je sélectionne une mise en plan, je l'enregistre sous la forme d'un fichier STL ou IGES, je l'envoie à un fabricant et il revient sous la forme d'une superbe pièce, » indique Dan Didrick. « SolidWorks est l'un des outils les plus étonnants que j'ai eu l'occasion d'utiliser. »
Des années de dur labeur
La route a été longue pour cet ancien représentant de produits médicaux qui a appris tout seul l'ingénierie, les principes de base des brevets, les relations réglementaires, la fabrication et le marketing. Si l'approbation par la FDA a déjà été difficile, l'approbation européenne a été un véritable parcours du combattant. La demande de brevets a pris un an. « Tout cela a été difficile, mais c'est toute ma vie », indique-t-il. « J'y consacre 80 heures par semaine. J'ai tout misé dessus. »
En revanche, un élément s'est révélé d'une grande simplicité, la productivité avec le logiciel SolidWorks. « SolidWorks a joué un rôle capital », indique Dan Didrick. « J'avais une vision précise de ce que je voulais et j'avais besoin d'une solution pour la concrétiser. SolidWorks m'a aidé à y parvenir en trois semaines. En raison de la complexité du produit et de la dynamique de la main blessée, je n'ai pas pu trouver des ingénieurs susceptibles de m'aider. Je suis donc seul avec SolidWorks. En fait, sans SolidWorks, rien ne serait arrivée. »
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